Résidence : U.C. BOX PROJECT chez SOCIETE

Bruxelles, 2021

COLLABORATIVE WORK
Brussels
Public space
Yuri Lewitt
Sound proposal
Contextual proposal
2020s

Mark1

Société, artist-run space basé à Bruxelles fondé en 2015, invite l'artiste Alec De Busschère et le musicien Youri Balcers en résidence pour élaborer un projet commun basé sur le modèle d'U.C. BOX Project en partenariat avec le collectif d'artistes LAb|au] aboutissant à une exposition et à une sculpture temporaire dans l'espace public. 

 

Ce projet s'interroge sur la notion d'espace public et sa possible contextualisation et formation dans un temps de profondes transformations comme celui que nous connaissons à l'heure actuelle. Il interroge également le rôle de l'artiste en lui-même et ses possibilités d'action à l’intérieur des changements sociétaux et spatiaux et leurs représentations collectives.

 

La crise sanitaire du Corona et les mesures de confinement sont des phénomènes actuels qui rendent perceptibles et accentuent les changements qui s'effectuent depuis une vingtaine d'années autour des sujets d'espaces privés et collectifs comme ceux de la représentation et de la compréhension de la collectivité et de l'espace public en règle générale. L'espace de la ville se voit ainsi transformé à travers l'arrivée des nouvelles technologies de l'informatique et de la communication qui incorporent de plus en plus de fonctions, de lieux et de représentations traditionnellement attribués à l'espace ou au pouvoir public. La crise du Corona catalyse ainsi les phénomènes de repli vers la plus petite cellule, celle de l'habitat, comme il accélère sa mise en réseau avec le «global village» qui rompt complètement la division entre espace public et privé, repensant la place de l'individu face au collectif. Les représentations des collectivités deviennent ainsi “glocal”, superposant à la proximité physique, le local, l'instantanéité et l'ubiquité d'un communautarisme fragmentaire et dispersé, le global.

 

Pensé sur le modèle d'U.C. BOX Project conçu par Alec De Busschère en 1998 et ayant fait l'objet d'une seconde édition en 2018 avec des étudiants de la China Academy of Art de Hangzhou, le projet proposé dans le cadre de cette résidence bruxelloise se voit comme un laboratoire impliquant le public par le biais d'une enquête au cours de laquelle il sera amené à formuler des paramètres permettant de s'approcher de la définition d'un lieu réel, virtuel ou imaginaire : superficie, proportions, matériaux, niveaux, couleurs, etc.

 

Cette enquête pourra se faire de plusieurs façons : cartes postales à compléter et à renvoyer gratuitement par la poste, formulaires en ligne sur les réseaux sociaux, distribution et collecte en main propre lors d'actions performatives dans l'espace public. 

 

Ces informations textuelles collectées serviront ensuite à alimenter une base de données adressant directement ou indirectement des paramètres constitutifs de l'habitat, de la ville et du territoire. Réceptacle d'identités diverses s'exprimant via la description de lieux, d'espaces et de volumes, cette base de données offrira ainsi une matière première amenée à être traitée de façon numérique (algorithmes, intelligence artificielle, génération de textes) et analogique (écriture, dessins, création sonore et construction physique), afin de générer une forme architecturale unique, d'abord sous la forme d'un texte descriptif, de dessins et de maquettes virtuelles 3D, puis d'une impression 3D et enfin d'une sculpture temporaire placée dans l'espace public.

 

Parallèlement à cette architecture, un développement sonore inédit sera développée par le sound designer Youri Balcers sur la réponse impulsionnelle. La technologie dite de “réponse impulsionnelle” permet de modéliser artificiellement les paramètres et caractéristiques acoustiques d’un lieu existant, ou d’un lieu virtuel réalisé en 3D. Les données récoltées, agrégées sous forme de "blocs de données", serviront ainsi également de base à la création d'une série de pièces musicales qui pourront être intégrées aux différentes modélisations 3D.

 

 

Le résultat sera une sculpture que personne n’a vraiment dessinée, une musique que personne n’a vraiment composée et un texte que personne n’a vraiment écrit mais qui mêlent des imaginaires artistiques avec des automatismes programmés plaçant ces enjeux sociétaux dans un débat actuel, tout en s'appuyant et faisant usage des technologies actuelles. Le travail d'artiste se voit ici comme la mise en place d'un processus et d'un système de réflexion tiré directement du contexte social, spatial et culturel plutôt que comme l’aboutissement et l'affirmation d'un objet fini. Les technologies deviennent le support d'un laboratoire de réflexion et de production aboutissant à une « sculpture verticale » dans l'espace public qui se comprend comme un empilement d'architecture, de son, de texte et de volume, et à une exposition de maquettes et de résultats d'enquête, qui se comprend comme un étalement, celle d'une ville utopique construite sur des principes quasi cyber-vernaculaires.

 

 

 

 

WORKSHOP China Art Academy  HANGHZOU 2018

 

 

 

Le workshop, qui a eu lieu en mai 2018 à la "China Art Academy" de Hanghzou sur la proposition de Joël Benzakin, avait comme objectif de réaliser avec 18 étudiants venant de différentes écoles d'art en Chine les premières étapes de la proposition UC.BOX.PROJECT dont une première itération avait été réalisée en 1998 à Bourges en France.

Enquête à Hangzhou (China 2018)

 

Seize étudiants ont participé à l'enquête qui s'est déroulée pendant 2 semaines dans différents quartiers de la ville de Hanghzou.

 

Enquête à Hangzhou (China 2018)

 

Les étudiants portaient des t-shirts différents sur lesquels étaient imprimés un paramètre repris sur la carte postale (surface, matériaux, couleur, ...).

 

Enquête à Hangzhou (China 2018)
Workshop à Hangzhou (China 2018)
Workshop à Hangzhou (China 2018)

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WORKSHOP CAA HANGHZOU

 

Le workshop à la "China Art Academy" de Hanghzou aura donné lieu à plus de 300 rencontres entre les étudiants et les populations de différents quartiers de Hanghzou. Ces rencontre se sont déroulées autant dans les rues que dans les centres commerciaux, avec des employés de bureau, des visiteurs d'expositions, ou encore des cultivateurs de thé. Classées ensuite par catégorie (réaliste, utopique, imaginaire...), environ 40 cartes ont été choisies parmi les plus originales et un modèle d'habitat a été dessiné à partir des critères communs à la majorité des propositions.

Ci-dessous, des exemples de la manière dont ces données ont été traitées. La proposition 118 donna notamment lieu à un prototype imprimé dans deux techniques différentes d'impression 3D. La base faisant office de socle à cette maquette représente le modèle établi selon les propositions les plus courantes dans laquelle vient s'intégrer l'une des 40 maquettes de type utopique.

  

 

PROPOSITION 118

 

 

Une série de maquettes résultant de ce workshop devait être réalisée et présentée en 2019 lors d'une exposition collective au CAA de Hanghzou. Cette exposition a finalement été annulée et seul un prototype de maquette a été réalisé au terme du workshop sur base de la proposition 118.

Carte n° 118
Interprétation des données de la carte n° 118 par un étudiant.
Réalisation d'un dessin 3D.
Prototype du modèle 118. Impression 3D partielle.

 

PROPOSITION 156

 

Carte n° 156
Affiche réalisée par Richard (CAA Hanghzou, China 2018)

 

Ce workshop a été réalisé en collaboration avec la CAA de Hanghzou et E-art sur une proposition de Joël Benzakin.

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